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Rapport sur les tendances en consommation – Annexe : Questions techniques et méthodologiques

Annexe — Questions techniques et méthodologiques

Indice des prix à la consommation

Statistique Canada et ses prédécesseurs publient des indices des prix à la consommation depuis le début du XXe siècle. L'Indice des prix à la consommation (IPC) actuel est obtenu en comparant dans le temps le coût d'un panier fixe de produits achetés par les consommateurs. La pondération attribuée aux données pour chaque produit figurant dans l'Indice découle principalement de diverses enquêtes sur les dépenses des familles menées périodiquement.

L'IPC peut être utilisé pour éliminer l'incidence de l'inflation dans les séries de données chronologiques, autrement dit pour convertir ces séries de dollars courants en dollars constants. Il est à noter que l'IPC n'est pas un indice du coût de la vie mais qu'il repose sur l'évolution moyenne des prix pour un panier fixe de produits sur une période donnée, dans une zone géographique donnée.

Il faut se montrer prudent dans l'utilisation des données de l'IPC. Ainsi, un changement dans la qualité d'un service, par exemple, peut influer sur son prix et, donc, sur sa contribution à l'évolution de l'IPC. Statistique Canada a beaucoup fait pour surmonter cette difficulté, mais les chercheurs doivent rester conscients des contraintes, car les problèmes rencontrés lorsque l'on rajuste les prix pour tenir compte de l'évolution de la qualité sont complexes et parfois impossibles à régler de façon tout à fait satisfaisante1.

Une des limites de l'IPC, évidente au chapitre 9 sur les dépenses de consommation, est l'impossibilité d'utiliser ses composantes pour exprimer directement en prix constants les catégories de dépenses détaillées dans l'Enquête sur les dépenses des familles (devenue Enquête sur les dépenses des ménages et Enquête sur les dépenses alimentaires). Ce problème se pose parce que les produits et les services utilisés pour calculer l'IPC ne sont pas toujours les mêmes que ceux examinés dans cette Enquête. Statistique Canada émet cette mise en garde :

Les marchandises (biens et services) représentés par l'IPC sont celles qui peuvent être associées à un prix à la consommation, autrement dit, à la somme d'argent qu'un consommateur doit payer pour acheter une certaine quantité d'un produit ou d'un service d'une certaine qualité. À cause de cette restriction, il est possible de calculer l'IPC en tant que mesure de l'évolution des prix pour des marchandises dont la quantité et la qualité ne changent pas ou sont équivalentes. Les enquêtes sur les dépenses des famille, dont s'inspire le panier de l'IPC, ne suivent pas la restriction, ce qui fait qu'elles portent sur plus de marchandises que l'IPC. (Statistique Canada, 1995, p. 5).

Revenu des consommateurs : analyse du revenu des ménages après impôt, par quintile

Comme on le montre au chapitre 5, l'analyse par quintile est souvent utilisée pour tirer des conclusions sur la situation relative de personnes se trouvant soit à l'extrémité soit au milieu de l'échelle de revenus. Dans le présent Rapport, cette analyse repose uniquement sur les familles en utilisant le revenu après impôt. Afin de déterminer ces groupes, toutes les familles économiques sont classées du revenu le plus élevé au plus faible, après impôt. Ces familles sont alors divisées en cinq groupes de taille égale. Donc, la même définition de quintile s'applique à la population pour toute année étudiée, ce qui permet de conserver la même taille de groupe de quintiles, même si au fil des ans, les familles économiques elles-mêmes ne seront pas les mêmes dans des quintiles donnés (voir la figure A.1).

Figure A.1

Limites supérieures et fourchettes de revenu après impôt, 2001

Source : Tendances du revenu au Canada (Statistique Canada, CD-ROM, 13F0022XCB, tableau 6.04).

En déterminant la limite supérieure de chaque quintile, on obtient la fourchette des revenus familiaux après impôt qui composent chaque groupe. Ainsi, en 2001, le quintile (familial) moyen avait des revenus après impôt allant de 43 642 $ à 58 567 $. En revanche, le quintile (familial) supérieur avait des revenus après impôt de 79 041 $ et plus. Des obligations de confidentialité empêchent la publication de la limite supérieure du quintile le plus élevé, qui représente la famille économique canadienne avec le plus haut revenu après impôt.

Seuil de faible revenu (SFR) de Statistique Canada

Le seuil de faible revenu (SFR) est une mesure mise au point par Statistique Canada pour définir un niveau de revenu auquel une famille peut se trouver dans une situation économique difficile parce qu'elle doit dépenser, pour l'achat de produits de première nécessité, une part plus grande de son revenu qu'une famille moyenne de taille similaire.

Par exemple, la base la plus récente pour le SFR est l'Enquête sur les dépenses des familles de 1992, qui conclut qu'en moyenne, l'ensemble des ménages consacrent 43,6 % de leur revenu après impôt à la nourriture, au logement et aux vêtements2. Dans ce cas, le revenu pour lequel une famille typique consacre 20 points de pourcentage de plus, soit 63,6 %, de son revenu après impôt à ces trois produits de première nécessité fixe le seuil de faible revenu. En 1992, le niveau de revenu auquel une famille de quatre personnes vivant dans une ville de 30 000 à 99 999 habitants consacrait 63,6 % de son revenu après impôt à la nourriture, au logement et aux vêtements était de 21 300 $ environ. Ce chiffre est celui du SFR après impôt pour 1992.

Plusieurs seuils de faible revenu sont calculés afin de tenir compte des différences dans la taille des familles (les familles plus nombreuses ayant besoin d'un revenu plus élevé pour satisfaire à leurs besoins) et de la taille des collectivités (afin de tenir compte des différences dans le coût de la vie). Les SFR sont mis à jour tous les ans en utilisant l'Indice des prix à la consommation (IPC). Il est à noter que le rapport entre les dépenses et le revenu n'est utilisé que pour calculer le SFR. Le statut de faible revenu est ensuite déterminé en comparant le revenu de la famille à ce seuil.

Par exemple, si l'on utilise le seuil de 1992 susmentionné pour une famille de quatre personnes vivant dans une ville de 30 000 à 99 999 habitants, une famille qui consacre 90 % d'un revenu de 60 000 $ à la nourriture, au logement et aux vêtements ne sera pas considérée comme à faible revenu (le SFR étant fixé à 21 300 $), alors qu'une famille qui y consacre 50 % d'un revenu de 20 000 $ le sera (Statistique Canada, 2001, p. 9).

Sources de données sur l'avoir net (avoirs et dettes)

Enquête sur la sécurité financière

Les chapitres 6, 7, et 8 présentent des données sur les avoirs, les dettes et l'avoir net des Canadiens.

Ces données viennent en majorité de l'Enquête sur la sécurité financière (ESF). L'ESF, qui a été menée entre mai et juillet 1999, a permis de recueillir des données sur les avoirs et les dettes des familles et des personnes seules.

L'ESF a été menée dans les 10 provinces, mais pas dans les territoires. De plus, d'autres segments de population (par ex., les personnes vivant dans des réserves, les détenus des établissements pénitentiaires, etc.) étaient exclus. Statistique Canada déclare que l'enquête a couvert 98 % des Canadiens résidant dans les 10 provinces.

Les résultats sur les avoirs, les dettes et l'avoir net qui sont attribués à Statistique Canada reposent principalement sur le No au Catalogue 13-595 (pour l'avoir net) et sur des tableaux personnalisés (pour les avoirs et les dettes). Notez que la valeur des retraites (pour les personnes souscrivant ou ayant souscrit à un régime de retraite proposé par leur employeur) est exclue de la majorité des résultats. Les renseignements sur les retraites, fournis en partie dans les chapitres 6 et 8, reposent entièrement sur le No au Catalogue 13-596 de Statistique Canada.

Sauf indication contraire, toutes les comparaisons chronologiques reposent sur des données de 1999 corrigées pour pouvoir les comparer avec les données de 1984 (la dernière année où Statistique Canada a réalisé une enquête sur la richesse). La correction — proposée par Statistique Canada — est nécessaire parce que certains avoirs (comme le contenu de la maison, les objets de collection et de valeur ainsi que les annuités et les fonds enregistrés de revenu de retraite) inclus dans l'enquête de 1999 ne l'étaient pas dans celle de 1984 (et, donc, ces avoirs ont été retirés pour rendre les deux séries comparables). En outre, toutes les données sur la valeur nette, les avoirs et les dettes sont exprimées en dollars constants de 1999.

L'ESF a recueilli des données sur l'unité familiale et pas sur chaque personne composant la famille. Donc, le terme unité familiale comprend les familles économiques (qui représentaient environ 68 % des unités familiales en 1999) et les personnes seules (qui représentaient environ 32 % des unités familiales en 1999). La définition de la famille économique est conforme à celle fournie au chapitre 5 sur le revenu des consommateurs.

Enfin, les chapitres sur les avoirs, les dettes et l'avoir net présentent des données reposant sur des valeurs médianes (par opposition à des valeurs moyennes), ce qui est recommandé par Statistique Canada car les personnes appartenant au décile de valeur nette le plus élevé détiennent une part relativement importante de l'avoir net. Cela a une forte incidence sur les calculs. Ainsi, en 1999, l'avoir net moyen au Canada était environ 2,5 fois supérieur à l'avoir net médian. Les valeurs médianes reflètent mieux l'avoir net des Canadiens qui se situent dans le milieu de la distribution des richesses (car elles sont moins sensibles aux valeurs extrêmement élevées ou basses).

Variables fournies par Equifax Canada

Le Bureau de la consommation a obtenu des données d'Equifax pour quatre variables clés : les dossiers de crédit, les transactions, le solde créditeur et la limite de crédit.

Ces données ont été séparées par catégories de prêts (définies ci-dessous), groupes d'âge et cotes de crédit.

Une transaction est une obligation financière d'un consommateur. Un dossier de crédit contient toutes les transactions d'un consommateur donné. Le solde créditeur représente la somme totale restant sur une transaction donnée. La limite de crédit représente une des deux choses : pour un prêt à tempérament, la limite de crédit est égale au montant original du prêt (autrement dit, pour un prêt-auto, la limite de crédit est égale à la valeur nominale du prêt-auto jusqu'au remboursement du solde), tandis que pour un prêt renouvelable, la limite de crédit est égale au montant maximal qui peut être tiré (autrement dit, pour une carte de crédit, la limite de crédit est égale à ce qui est généralement considéré comme une limite de crédit, soit le montant maximal qu'un consommateur peut emprunter sur la carte).

La base de données d'Equifax fournit seulement des détails sur le crédit des consommateurs à court terme (autrement dit, elle exclut les données sur les emprunts hypothécaires).

Plus précisément, elle répertorie les prêts à tempérament (autrement dit, les prêts bancaires, les prêts consentis par des sociétés de crédit, les prêts de financement de l'achat d'automobiles) et les prêts renouvelables (autrement dit, les cartes de crédit nationales, les cartes des grands magasins, les autres cartes de détaillants et les autres crédits renouvelables).

Toute obligation financière contractée par un consommateur (par ex., prêt bancaire, opération sur carte de crédit) est enregistrée séparément. Toutes les données relatives au crédit figurant dans le dossier d'Equifax reçoivent une cote de crédit attribuée par celui qui accorde le crédit. Le Bureau de la consommation a obtenu des données sur les transactions ventilées selon les cotations normalisées de compte nord-américaines :

« Bonnes » cotes de crédit

  • R0 : Trop nouveau pour être coté; approuvé mais pas utilisé.
  • R1 : Paie (ou payé) dans les 30 jours qui suivent la date d'échéance ou pas plus d'un paiement en retard.

Cotes de crédit « légère défaillance »

  • R2 : Paie (ou a payé) plus de 30 jours, mais pas plus de 60 jours, après la date d'échéance, ou pas plus de deux paiements en retard.
  • R3 : Paie (ou a payé) plus de 60 jours, mais pas plus de 90 jours, après la date d'échéance, ou pas plus de trois paiements en retard.

Cotes de crédit « nette défaillance »

  • R4 : Paie (ou a payé) plus de 90 jours, mais pas plus de 120 jours, après la date d'échéance, ou quatre paiements en retard.
  • R5 : Le compte est en souffrance depuis 120 jours au moins, mais il n'est pas encore coté « 9 ».

Cotes de crédit « nette défaillance, mesure prise »

  • R7 : Fait des versements réguliers en utilisant la disposition spéciale de règlement des dettes.
  • R8 : Reprise de possession (marchandise rendue volontairement ou pas).
  • R9 : Créance irrécouvrable; placée en recouvrement; a déménagé sans laisser d'adresse.

Dans les cotes de crédit ci-dessus, le concept « paie (ou a payé) » vise le montant convenu qui doit être payé. Par exemple, si le consommateur règle le « paiement minimum » sur une carte de crédit (dans un délai de 30 jours à compter de l'échéance), on attribuera à cette transaction la cote R1, même s'il reste un solde à régler sur la carte de crédit.

Échantillon

Les données reçues par le Bureau de la consommation reposaient sur un échantillon aléatoire de 5,2 %3 des transactions actives (autrement dit, activité dans les 12 derniers mois) dans la base de données d'Equifax. Un échantillon a été constitué à partir de juillet 1992, de juillet 1997 et de juillet 2002.

Couverture

La base de données d'Equifax comprend les grands acteurs financiers de chacune des catégories de prêts susmentionnées, à l'exception de Desjardins. Avant 2000, Desjardins ne signalait à Equifax que les transactions « douteuses » (R2 à R9). Comme Equifax ne dispose pas de données R0 et R1 pour 1992 et 1997, Desjardins a été retiré de l'échantillon afin d'avoir une série chronologique plus cohérente.

Limites des données d'Equifax

Dans l'idéal, si l'on souhaite analyser expressément la situation financière d'un consommateur, la variable « dossier de crédit » est le meilleur indicateur, car il contient toutes les obligations en cours d'un consommateur.

Pour obtenir des renseignements sur les cotes de crédit, les données d'Equifax ont été prises au niveau de la transaction individuelle. Equifax a pu fournir au Bureau de la consommation le nombre correspondant de dossiers de crédit sur lesquels reposaient ces transactions. Cependant, en raison de plusieurs questions (exposées ci-dessous), le Bureau de la consommation a décidé que la variable dossier de crédit ne représente pas de manière fidèle la population adulte canadienne.

Par exemple, le Bureau de la consommation s'interrogeait notamment sur la fragmentation des dossiers de crédit dans la base de données d'Equifax. La fragmentation se produit quand les transactions d'un consommateur donné sont répertoriées dans plus d'un dossier de crédit. Cela peut arriver pour diverses raisons.

Ainsi, quand des gens utilisent différentes adresses, par exemple professionnelle et personnelle, pour différents comptes de carte de crédit, il est possible qu'un dossier de crédit soit ouvert pour les deux. Une situation similaire peut se produire quand il n'est pas facile de faire la distinction entre le nom et le prénom. En outre, une personne mariée récemment qui change de nom pourrait avoir un dossier de crédit sous le nom actuel et sous l'ancien nom.

Il est à noter que la fragmentation de transactions entre différents dossiers de crédit n'a aucune incidence sur le solde créditeur global ou sur la limite de crédit globale de divers produits financiers. Cependant, comme elle surestime le « vrai » nombre de dossiers de crédit, toute moyenne créée en utilisant la variable des dossiers de crédit (dans le dénominateur) sera sous-estimée.

Dans le présent Rapport, les données globales d'Equifax (autrement dit, le total des soldes impayés et le total des limites de crédit) sont souvent corrigées par des données démographiques pertinentes (de Statistique Canada) afin de générer des valeurs moyennes par adulte canadien. Rappelez-vous que la fragmentation des dossiers fausse la variable des dossiers de crédit mais qu'elle n'a aucune incidence sur les soldes impayés et les limites de crédit. Notez également que l'Indice d'ensemble des prix à la consommation a été utilisé pour présenter tous les chiffres monétaires en dollars de 2002.

Sources de données sur les dépenses des ménages

Le chapitre 9 sur les dépenses de consommation repose principalement sur des données de l'Enquête sur les dépenses des familles (EDF, 1982, 1986 et 1992) et de l'Enquête sur les dépenses des ménages (EDM, 1997 et 2002) de Statistique Canada4. Le document de Statistique Canada intitulé Les habitudes de dépenses au Canada (No au Catalogue 62-202) a également été utilisé. Rappelez-vous que les enquêtes sur les dépenses des familles portent sur un panier de produits plus large (biens et services) que l'Indice des prix à la consommation.

Comme le montre la figure A.3 de la présente annexe, les données sur les dépenses des ménages sont ventilées en 17 grandes catégories de dépenses. Statistique Canada ne produit de tableaux de dépenses détaillés qu'en dollars courants dans le cadre de l'EDF et de l'EDM5. Donc, sauf indication contraire, les chiffres présentés au chapitre 9 sont en dollars courants6.

En raison de différences importantes entre ces deux enquêtes, il est compliqué d'interpréter les données sur les dépenses de logement d'un point de vue chronologique.

Sur les conseils de Statistique Canada, le Bureau de la consommation a essayé de concilier les données sur le logement et sur d'autres éléments (afin de les corriger pour tenir compte des principaux changements dans les définitions de certaines variables entre l'EDF et l'EDM). Malgré ces efforts, cependant, il reste une rupture évidente dans les données, ce qui rend peu claire l'interprétation de cette série révisée sur le logement. Des renseignements sur la tentative de rapprochement des données de l'EDF et de l'EDM faite par le Bureau de la consommation, avec quelques comparaisons générales qui utilisent des données corrigées de l'EDF de 1982, sont fournis plus loin dans la présente annexe. L'interprétation de la variable corrigée du logement est jugée sensiblement moins difficile pour 1982 (voir ci-dessous).

Cependant, les études de cas sectorielles offrent des comparaisons historiques plus détaillées, car pour les catégories de dépenses autres que le logement, les données de l'EDF et de l'EDM nécessitent moins de corrections et les séries chronologiques sont plus faciles à interpréter. Faute de pouvoir créer une série chronologique cohérente sur le logement (et, par conséquent, sur les dépenses totales), les deux premières sections d'aperçu du chapitre 9 reposent exclusivement sur les données de l'EDM (autrement dit, une série chronologique limitée à 1997-2002).

Les données utilisées dans le chapitre 9 reposent sur des renseignements recueillis auprès de ménages privés dans les 10 provinces du Canada. Des tableaux de dépenses détaillés ont été dressés par quintile de revenu et par type de ménage. La figure A.2 présente les principaux types de ménages de l'EDM7 utilisés dans l'analyse de ce Rapport, structurés en deux grands groupes.

Figure A.2

Figure A.2
Total des ménages d'une personne Total des ménages composés de conjoints
Ménages des aînés (65 ans et plus) habitant seuls8 Ménages composés de conjoints tous deux âgés de 65 ans et plus

Ménages composés de conjoints sans enfant (et sans autre personne)9

Ménages composés de conjoints avec enfants (et sans autre personne)

Ménages monoparentaux

Deux autres types de ménages de l'EDM ne sont pas analysés, à savoir les « ménages composés de conjoints avec d'autres personnes » et les « autres ménages ». Il y a assez peu d'homogénéité dans la composition de ces deux groupes. Les données sur les « ménages composés de conjoints avec d'autres personnes » conjuguent des renseignements sur ce type de ménage avec et sans enfant. Les « autres ménages » peuvent comprendre plusieurs situations10. Étant donné le manque d'homogénéité plus élevé dans la situation des ménages dans ces deux groupes, les données connexes ont été jugées trop difficiles à interpréter.

Utiliser la base de données de l'EDF pour analyser les dépenses de consommation

Il existe des différences importantes entre l'Enquête sur les dépenses des familles (EDF) et l'Enquête sur les dépenses des ménages (EDM) de Statistique Canada11. Des corrections ont été apportées par le Bureau de la consommation aux données de l'EDF de 1982 afin d'essayer de produire une série chronologique plus longue à partir des deux ensembles de données. Un aperçu des changements est présenté ci-dessous. Les limites du rapprochement, ainsi que d'autres sources de divergences inhérentes aux séries chronologiques, sont également exposées. Enfin, une comparaison générale utilisant les données corrigées de l'EDF et celles de l'EDM de 2002 est fournie pour la composition des dépenses moyennes des ménages.

Corrections du Bureau de la consommation aux données de l'EDF de 1982

La différence la plus importante entre l'EDF et l'EDM concerne la catégorie importante du logement. L'EDF considère seulement la partie intérêts des versements hypothécaires comme dépense, tandis que la partie allant au principal est attribuée à une variable de « changement net dans l'avoir ». L'EDM range les éléments intérêts et principal des versements hypothécaires réguliers sous dépenses de logement. La définition du logement de l'EDF est donc plus précise dans la différenciation entre les dépenses de ménage « pures » et les dépenses qui ressemblent à un investissement. Comme le chapitre 9 s'intéresse principalement à ce que les Canadiens font de leur argent, nous avons utilisé la définition de l'EDM pour avoir un aperçu (1997-2002) des habitudes de dépenses.

Le Bureau de la consommation a donc essayé de corriger les données sur le logement de l'EDF afin de les rapprocher davantage de la définition de l'EDM. Le « changement net dans le principal de l'emprunt hypothécaire » a été retiré du « changement net dans l'avoir » dans l'EDF et transféré dans les dépenses de logement. Ce rapprochement demeure imparfait, cependant, car le changement net représente plus que la partie allant au principal dans les versements réguliers. Il ajoute les versements irréguliers et les versements de sommes globales, nets de tout argent emprunté sur l'hypothèque en cours d'année (ce dernier, cependant, était probablement minime, étant donné les taux d'intérêt élevés en 1982). Des renseignements utilisant les données corrigées sont présentés ci-dessous.

D'autres corrections aux données de l'EDF étaient plus mineures et concernaient des catégories de dépenses relativement moins importantes. Plus précisément :

  • La remise à neuf complète du toit d'une maison est supprimée des dépenses de logement dans l'EDF, car l'EDM l'inscrit maintenant sous flux financier — investissements dans la maison12.
  • Une catégorie générale de jeux de hasard est créée dans l'EDF, les renseignements sur les loteries et les billets figurant sous dépenses diverses13.
  • Les intérêts payés sur des prêts à la consommation et des emprunts hypothécaires pour d'autres propriétés sont supprimés de la catégorie des dépenses diverses dans l'EDF, car ils font maintenant partie du flux financier dans l'EDM.
  • Les autres dons (non monétaires) sont supprimés des dons et contributions de l'EDF, étant donné que seuls les dons en argent sont inclus dans l'EDM14.

Autres limites des comparaisons dans le temps

Indépendamment des corrections ci-dessus, il reste un certain nombre de différences entre les enquêtes dans le temps. Premièrement, la réduction du nombre de questions posées pendant l'enquête limite l'analyse des dépenses à des données plus sommaires trouvées dans les tableaux détaillés de l'EDM. Tout en contenant moins de questions, cependant, cette dernière utilise un échantillon plus large (par exemple, celui de l'EDM de 1997 est environ 50 % plus grand que celui de l'EDF de 1996), ce qui peut influer sur le degré de précision de l'enquête. Si des questions similaires ont été utilisées tout au long de l'EDF et de l'EDM, des variations dans le libellé même peuvent encore, toutefois, influer sur les résultats. En outre, de nouveaux produits et services ont été lancés à différents moments dans le temps, comme les services cellulaires, en 1996. Enfin, les produits peuvent être très différents aujourd'hui sur le plan de la qualité, comme c'est le cas du matériel informatique et de l'équipement audiovisuel domestique.

Comparaison générale des données corrigées de l'EDF de 1982 et de l'EDM de 2002

À l'heure actuelle, Statistique Canada n'a pas encore publié de série chronologique corrigée de l'EDF et de l'EDM. Les corrections apportées par le Bureau de la consommation aux données de l'EDF de 1982 représentent la meilleure solution de rechange pour remédier aux principales différences entre les deux enquêtes, avec les variables existantes. Ces renseignements sont présentés pour combler le manque de données actuel et donner une idée générale des différences entre les dépenses des ménages aujourd'hui et il y a 20 ans. Comme nous l'expliquons ci-dessus, cependant, le rapprochement entre les données de l'EDF de 1982 corrigées par le Bureau de la consommation et les données non corrigées de 2002 est imparfait.

Si l'on se fonde sur les données corrigées de l'EDF, le ménage canadien moyen a dépensé 27 402 $ en 1982, comparé à 60 090 $ en 2002, soit une croissance annuelle moyenne de 4,0 %, ce qui est légèrement plus que les 3,8 % enregistrés entre 1997 et 2002.

Pour ce qui est de la composition des dépenses du ménage moyen, les dépenses de base — nourriture, logement et vêtements — ont changé par rapport à 1982. En effet, elles représentent aujourd'hui une plus petite proportion de ses dépenses (voir la figure A.3). Le prix intervient dans ces tendances car, par exemple, l'indice des aliments et des vêtements a augmenté relativement moins vite pendant la période considérée. En revanche, l'impôt sur le revenu représente une plus forte proportion des dépenses du ménage moyen. Il dépasse même les dépenses de logement. Les dépenses de transport sont aussi plus importantes.

Figure A.3 — Composition des dépenses du ménage moyen, données corrigées de l'EDF de 1982 et données de l'EDM de 2002
  1982 2002

Sources : Statistique Canada, Enquête sur les dépenses des familles (1982, corrigée) et enquête sur les dépenses des ménages (2002).

Impôt sur le revenu 17,7 20,0
Logement 20,7 18,6
Transports 11,9 14,0
Alimentation 15,1 11,1
Loisirs 4,6 5,9
Primes d'assurances individuelles et cotisations de retraite 4,2 5,7
Entretien ménager 4,3 4,6
Vêtements 6,0 4,1
Mobilier et équipement ménager 3,5 3,0
Soins de santé 1,9 2,6
Produits du tabac et boissons alcoolisées 3,3 2,5
Dons en argent et contributions 2,1 2,4
Éducation 0,7 1,5
Dépenses diverses 1,3 1,5
Soins personnels 1,8 1,4
Jeux de hasard 0,4 0,5
Documents et autres imprimés 0,6 0,5
Dépenses totales 100 100

Notes en bas de page

1 « Par exemple, il est assez facile de suivre l'évolution des prix des billets d'autobus. Cependant, comment attributer un prix aux changements dans la fréquence et la ponctualité du service d'autobus? Un changement dans la qualité de ce service peut bien avoir contribué à un changement des prix des billets. » Voir Statistique Canada, 1996, p. 7. Retour au texte

2 Statistique Canada publie des SFR avant et après impôt. Statistique Canada fait remarquer que, pour choisir l'un ou l'autre, il faut tenir compte, entre autres, du fait que les biens et les services sont achetés avec des dollars après impôt. Dans la présente étude, ce sont les SFR après impôt qui sont utilisés. Retour au texte

3 Equifax Canada a assuré au Bureau de la consommation que cette taille d'échantillon était suffisante pour arriver à des estimations fiables. Retour au texte

4 L'EDM de 2002, publiée en décembre 2003, contient les données les plus récentes disponibles au moment de la rédaction. Retour au texte

5 Au moment de la publication, Statistique Canada préparait un document de recherche sur l'utilisation des données de l'IPC comme déflateur des données sur les dépenses des ménages. Toute proposition ultérieure de Statistique Canada devrait être prise en consideration dans les recherches futures sur la consommation qui utiliseront des données sur les dépenses. Retour au texte

6 Une conversion complète de toutes les données en dollars constants n'a pas été tentée en raison des différences entre les composantes de l'Indice des prix à la consommation (IPC) et les catégories de dépenses de l'EDM. Dans certains cas, cependant, le chapitre 9 fournit l'information de l'IPC comme indication générale de la tendance des prix. Retour au texte

7 Il existe des similitudes, mais les ménages de l'EDM ne sont pas identiques aux ménages de recensement et, donc, il faut faire preuve de prudence dans les comparaisons. Retour au texte

8 Le tableau de dépenses normalisé de Statistique Canada par type de ménage ne fournit pas de données sur les ménages composés d'une personne non âgée. Les renseignements sur ce groupe non âgé ne peuvent donc qu'être déduits en comparant les tendances des dépenses pour l'ensemble des ménages d'une personne à celles des ménages composés d'aînés habitant seuls. Retour au texte

9 « On entend par « autre personne », les fils, les filles et les enfants en foyer nourricier dont l'état matrimonial est autre que « célibataire, jamais marié, d'autres parents par la naissance ou le mariage, et les personnes non apparentées ». Voir Statistique Canada, 2003, p. 24. Retour au texte

10 « Autres ménages peuvent être répartis en ménages composés de personnes apparentées seulement et de ménages dans lesquels se trouvent au moins une personne non apparentée. On entend par personnes apparentées les fils, les filles et les enfants en foyer nourricier de la personne de référence dont l'état matrimonial est autre que « célibataire, jamais marié » ; les personnes apparentées à la personne de référence par la naissance ou par le mariage (ni le conjoint, ni le fils ou la fille, ni l'enfant en foyer nourricier); le conjoint de la personne de référence qui n'était pas présent dans le ménage au 31 décembre 2002; d'autres ménages ayant une personne non apparentée à la personne de référence (p. ex., un pensionnaire, un chambreur, un employé). » Voir Statistique Canada, 2003, p. 24. Retour au texte

11 Voir, par exemple, Statistique Canada, 2000. Retour au texte

12 Sur ce point, c'est la définition de l'EDM qui fait la différence entre les dépenses « pures » et les dépenses plus proches d'un investissement. Retour au texte

13 Des différences demeurent, cependant, car la variable de l'EDF reconstruite ne tient toujours pas compte des bingos et autres casinos, contrairement à l'EDM. De plus, l'EDF relève les dépenses brutes, alors que l'EDM relève les dépenses nettes (autrement dit, il en déduit les sommes gagnées). Retour au texte

14 Ce rapprochement est imparfait, cependant, étant donné que les dons non monétaires restent inclus dans l'EDM, dans leurs catégories respectives (par ex., les dons de vêtements dans les dépenses de vêtements). Retour au texte

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